Caïd Essebsi hausse le ton et pointe les forces sécuritaires

Publié le par tunisnews

C'est avec un retard de 15 minutes que le Premier ministre Beji Caïd Essebsi a tenu une conférence de presse afin de faire le point sur la situation actuelle que vit le pays avec les vagues de violences, parfois meurtrières, dans plusieurs régions.

Le Premier ministre a entamé son discours en expliquant que le gouvernement de transition devait tenir une série de réunions, et ce, jusqu'à la date des prochaines élections, afin de préparer au mieux cette échéance, ainsi qu’un programme économique, la rentrée scolaire et universitaire et trouver des solutions au problème du chômage.

D'autre part, il a souligné que certains partis politiques "craignaient" déjà les élections de l'Assemblée constituante et appelaient à un référendum, oubliant, néanmoins, que pour organiser un pareil scrutin, il fallait la concertation de toutes les parties de la scène politique nationale, notamment la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution.

Pour Essebsi, les événements qui se sont déroulés récemment menacent l'état sécuritaire du pays. Les violents accrochages, entre tribus ou entre individus, à Jebeniana, Metlaoui, Douz, Sidi Bouzid, Sbeitla, Meknassi, Ouerdanine, ou encore Rgueb ont pour point de départ l'arrestation de quelques "bandits" de la région. Les familles et amis de ces "délinquants" se rendent en masse devant les postes de police pour réclamer leurs libérations, ce qui dégénère rapidement. Le Premier ministre s'étonne de ces pratiques, devenues de plus en plus courantes, partout en Tunisie, alors que le peuple ne cesse de réclamer l'indépendance de la justice. Et Caïd Essebsi de demander comment celle-ci peut-elle être indépendante dans ces conditions.

L'anarchie a, donc, pris le dessus dans pratiquement dans tout le pays. Ce qui a poussé le Premier ministre à demander l’application de l'état d'urgence sur tout le territoire tunisien, et ce, afin d’éviter toute forme de manifestation, de sit-in ou de grève, de nature à nuire au calme des citoyens et à la sécurité nationale. Cet état d’urgence prendra fin le 30 novembre.

Caïd Essebsi a également évoqué le cas de la Garde nationale et des forces de sécurité. Après avoir rappelé leur degré de patriotisme et leur amour pour le pays, il s'est montré étonné, à la limite indigné, par les communiqués des syndicats des forces de sécurité qui, au lieu d'appliquer les ordres, se permet de donner son avis sur l'état sécuritaire du pays et d'organiser des manifestations, de nature à mettre encore plus en péril la situation du pays.

Parallelement au discours, un sit-in, organisé par l'Union des syndicats des forces de sécurité intérieure, se tenait, aujourd’hui, mardi, en protestation contre les opérations d'incendie des postes de police et l'absence de décisions politiques pour ces cas. Il est à noter que les protestataires des forces de l'ordre ont envahi la Kasbah en scandant «A bas le gouvernement», et ce, à la fin de l’allocution du Premier ministre.

Caïd Essebsi, visiblement très remontré contre ces syndicats, a, en ce sens, annoncé, la décision "d'arrêter toute activité syndicale des forces de sécurité au vu des dangers qu'elle représente pour la sécurité du pays".

Concernant la Garde nationale, tout en l'évoquant, le Premier ministre a lancé que ce n'est pas 4 personnes, qu’il a traitées de singes, qui mettront la pagaille. Elles donnent les ordres, commandent, et se permettent même d'éliminer leur supérieur et de le remplacer par un autre. Essebsi a insisté sur le fait que ce qui se passe au sein de cette institution est extrêmement grave. Ces «singes» doivent être identifiés et poursuivis en justice. Dans ce cadre, il a ordonné, au ministre de la Défense, l'ouverture immédiate d'une enquête approfondie pour les démasquer.

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